Les noces funèbres

Les noces funèbres
Les Noces Funèbres

Réalisateurs: Mike Johnson, Tim Burton

Acteurs ou en l'occurrence doubleurs: Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Emily Watson (en V.O.)

Synopsis:

Au XIXe siècle, dans un petit village d'Europe de l'est, Victor, un jeune homme, découvre le monde de l'au-delà après avoir épousé, sans le vouloir, le cadavre d'une mystérieuse mariée. Pendant son voyage, sa promise, Victoria l'attend désespérément dans le monde des vivants...

MON AVIS :

Bon, ok, les ficelles de cette histoire sont bien usées. Ici Burton ne brille pas par l'originalité du scénario. Une fois qu'on a compris que les vivants sont les vrais morts et vice-versa, l'histoire est vite éventée. Mais voilà : il y a les dessins.
Et c'est toute la magie de Burton d'arriver à dépasser une histoire déjà trop vue pour lui rendre sa poésie originelle. Avec ces personnages biscornus, pittoresques, trop grands, trop gros, trop petits etc, c'est tout un paysage de la démesure que ce film nous dévoile, et qui teinte une intrigue fort convenue d'une fraîcheur qu'on n'attendait plus. Le burlesque de ces personnages révèle, au fond, tout ce ce que cette histoire a encore de frais, en quelque sorte. Car même les ficelles les plus usées ont été neuves à un moment ; les plus énormes des clichés proviennent toujours d'une vérité première ; les mécanismes trop vus ont eu de la nouveauté à un moment et en un endroit. Sans être particulièrement révolutionnaire, le film de Burton arrive cependant à nous emporter. Le spectateur moyen a beau se dire qu'il a déjà vu des films similaires cent fois, il se fait avoir. En beauté.
Résultat : un film pas exceptionnel mais drôle, attendrissant, qui a encore du charme, dont la poésie réussit à nouveau à nous toucher. Burton est un bon magicien : du déjà-vu il arrive à faire sortir du nouveau.
# Posté le dimanche 25 décembre 2005 06:49
Modifié le dimanche 25 décembre 2005 11:35

Pause 2 : Top 3... inversé

Et maintenant, quels sont les 3 plus énormes navets que vous ayez jamais vus ? par ordre décroissant de nullité...
Moi je dirais :
1) Le Raid
2) Deux heures moins le quart avant JC
2) Le Roi Arthur

=====>De Coco, posté le Samedi 31 décembre 2005 à 21:41
Je risque de me faire tuer si je dis Mulholland Drive !!! Mais c'est vrai, ce film, c'est du véritable foutage de gueule! Arrive ensuite Las vegas parano, et puis en troisième... je sais pas, je n'en vois pas beaucoup de navets...

=====>De Coco, posté le Dimanche 01 janvier 2006 à 11:38
Correction ! "Le boulet" est THE navet par excellence!!!

=====>De cinefan, posté le Mardi 03 janvier 2006 à 21:49
J'ai trouvé Deux heures mois le quart avant JC plutot bien ! UN peu trop proche des Monthy pythons mais drôle ! Je ne suis pas d'acord avec toi ! Pour moi le pire film c'est La passion du Christ. Catwoman pas mal aussi dans le genre et sinon rien d'autre ne me vient à l'esprit...

=====>De evilash67, posté le Mercredi 01 février 2006 à 17:03
1)Resident evil apocalypse
2)banlieue 13
3)alien VS predator
en navet y a vraiment pas mieux

=====> De cinema007, posté le Jeudi 13 avril 2006 à 16:12
Les gars, vous oubliez les énormes navets que sont : Taxi 3, les bronzés 3, la beuze, incontrolable etc...

=====> De Al, posté le Jeudi 20 juillet 2006 à 01:43
Ah alors là on va s'éclater... En 1 : Street Dancers... En 2 : Le passager de l'été... Et en 3... Là je me tâte... Je vais mettre le Da Vinci Code... Regardez les trois d'affilée, vous voilà dégoûté du ciné pour l'éternité !
# Posté le mardi 27 décembre 2005 12:34
Modifié le vendredi 21 juillet 2006 11:52

Moi, Toi et tous les Autres

Moi, Toi et tous les Autres
MOI, TOI ET TOUS LES AUTRES


Réalisateur : Miranda July

Acteurs : Miranda July, John Hawkes

Synopsis :
Christine Jesperson, une jeune artiste touchante et spontanée, mélange dans son quotidien art et réalité. Elle entre sur la pointe des pieds dans la vie de Richard, vendeur de chaussures, père de deux garçons et tout juste redevenu célibataire.
Autour d'eux, Robby et Peter, les enfants de Richard, son ex-femme, la patronne d'une galerie d'art, les voisins et les voisines. Tous sont à la recherche d'un lien qui les connecte aux autres sur Terre...

MON AVIS :

Partie avec ma mère voir Broken Flowers, intallée confortablement dans les fauteuils du cinéma Marché Beaux Arts de Besançon, je vois la bande-annonce d'un film qui, me frappe aussitôt par sa ressemblance avec Garden State (un de mes films préférés) : c'est un film indépendant, premier film d'un jeune réalisateur, en l'occurrence une jeune réalisatrice du nom de Miranda July ; celle-ci joue dans son propre film et a obtenu le prix du festival de Sundance (c'est décidément un très bon festival !). J'en bave déjà d'envie...
Quelques jours plus tard, dans un ciné boulevard des Italiens à Paris, je vois ce petit bijou drôle, tendre et surprenant...
Première scène déjà : un couple réel se brise pour de vrai quand un couple de carte postale s'unit pour de faux... Voilà le thème du film : l'amour, mais aussi toutes les relations humainesd'un groupe hétéroclites de voisins dans un lotissement américain. Amitié, mépris, désir, sexe, confiance et méfiance... Car ici, si l'intrigue principale est l'histoire d'amour entre Christine et Richard, elle n'est ni plus ni moins développée que toutes les intrigues de toutes ces relations a deux ou à trois des tous les personnages. Chacun a son histoire personnelle, son parcours vers les autres et le bonheur. Le seul malheur c'est d'être seul, de "travailler en solo" (ce qui ne peut être que stérile), d'être abandonnée seule dans sa voiture, réduite à crier "Fuck" au monde entier, à l'écrire sur son pare-brise pour vouer à la haine tout le paysage. Dans ce petit monde circulaire où on s'aime et se déteste, les enfants ont des rêves et des paroles d'adulte, comme le trousseau de la petite fille, ou les discussions sexuelles via le Net du tout petit garçon noir... tandis que les adultes soupirent après le merveilleux, la magie. Mais la magie est là, discrète dans ces trois gommettes roses collées au tableau de bord de la voiture, le petit "Forever" après le délire sexuel du gamin sur Internet, pour autant que tous font un bout de chemin ensemble, de la boutique à Tyrone Street ou de la rencontre à la mort. Et si le temps nous sépare, par l'ennui ou la mort, le temps nous réunit également, à ce petit son métallique qui vient des réverbères tous les matins, ce petit bruit métallique de l'homme qui "passe le temps" - ou, image finale, qui fait passer le temps ?
# Posté le mercredi 28 décembre 2005 05:31

GARDEN STATE

GARDEN STATE
"_ Dis, j'étais comment ?
_ Quoi, en poulet ?
_ Oui, tout le tralala... "VOUS LA FERMEZ !" et tout ça...
_ Je t'ai trouvé odieux, a priori c'est que t'étais bon..."


GARDEN STATE


Réalisateur: Zach Braff

Acteurs : Zach Braff, Nathalie Portman, Ian Holm

Synopsis :

C'est l'histoire d'Andrew "Large" Largeman, acteur raté qui vit 24h/24 sous anti-dépresseurs. Sa mère paraplégique vient de mourir ; il rentre pour les funérailles chez lui, dans le New Jersey. Il retrouve son père et tous ses anciens amis, tous drogués et qui essaient de se ranger dans la vie active, avec plus ou moins de réussite... Et surtout il rencontre Sam, une jeune fille active, gentille et trèèèèèèèès menteuse !

MON AVIS :
Voici enfin la critique de ce film : autant vous dire toutde suite qu'elle va être POSITIIIVE ! Déjà, une chose : je m'autoproclame unilatéralement LA spécialiste de Garden State. J'ai découvert ce film toute seule comme une grande, JE l'ai vu 3 fois et demie, J'ai cherché la BO et le site officiel de ma propre initiative, bref c'est MOI, oui, MOI qui défendrai ce film sur sky et ailleurs ! (petite poussée d'ego faites pas attention)
Ce film est un film impeccable sur le plan technique, avec des images bien faites, étudiées et maîtrisées, surtout au début du film. Ce film est un film bien joué, bien construit. Ce film est drôle et surprenant. Et surtout ce film est PROFOND.
Après, oui, certains me diront "boooof c'est trop long on s'ennuie". Je leur réponds : allez voir le Roi Arthur ou La Somme de Toutes les Peurs, y a de l'action au moins, mais le scénario est merdique et il n'y a aucune profondeur thématique, après, ça vous regarde. Pour moi ce film ne traîne pas, loin de là, car chaque scène est importante pour la psychologie des personnages. Et c'est le sujet du film : la psychologie des personnages en particulier, la nôtre en général.
Le film nous montre des gens à un âge de la vie que nous passerons, passons ou avons avons tous passé, le moment incertain où il faut définitivement devenir adulte. On comprend l'angoisse. En ce moment, c'est à la génération du début des 80's de s'y coller (bonne chance !). Ils sont adultes mais ils sont encore jeunes, et la trentaine s'approche sournoisement pas à pas. C'est l'âge de se caser, de fonder une famille, de trouver une maison et un job. Mais voilà : ils préfèrent s'amuser, et ça peut se comprendre. Ils sont encore trop encadrés par leur famille, ils voudraient réaliser leurs rêves d'enfants, donc ils attendent, se plantent et finissent par faire un boulot qu'ils détestent le jour tout en faisant la fête la nuit. C'est l'"adulescence".
Et notre héros, dans tout ça ? C'est quelqu'un d'un peu spécial. Il vit sous cloche, en quelque sorte : il prend des antidépresseurs depuis tellement longtemps qu'il est presque insensible, totalement dans les vapes. Il a vaguement conscience d'être quelqu'un d'unique, mais quelque part il ne se connaît pas lui-même et il ne connaît pas la vie. (Parfois, il a comme des douleurs : est-ce parce que soudain, pendant une fraction de seconde, il vit vraiment ?) C'est la petite Sam, qui elle, au contraire, fait de tout, vittout, vit trop quelque part, qui lui apprend à se singulariser, à faire sortir ce qu'il y a de profondément ORIGINAL en lui, à vivre enfin.
Bref, c'est un film sur la vie, qui nous délivre un message assez étrange et qu'on entend pas assez : seule vivre et s'exprimer pleinement dans la vie vaut la peine. Le bonheur n'est pas dans le confort d'un vie de famille stéréotypée, ni dans les paradis artificiels, antidépresseurs, shit ou cocaïne. Le bonheur est dans de petits moments de vie intense, qui se paient par la souffrance, mais qui en valent la peine.
# Posté le mercredi 28 décembre 2005 08:57
Modifié le lundi 02 juillet 2007 17:16

BROKEN FLOWERS

BROKEN FLOWERS
"Et toi, tu as des enfants ?
- Non, je ne crois pas... N'est-ce pas ?
- Comment veux-tu que je le sache ?"




BROKEN FLOWERS


Réalisateur : Jim Jarmusch

Acteurs : Bill Murray, Jeffrey Wright

Synopsis :

Une lettre rose, écrite à l'encre rouge, arrive au domicile de Don Johnston, un ancien Don Juan, le jour même où Sherry, sa dernière conquête, le quitte. Devant son voisin d'origine éthipoienne Winston, il l'ouvre et la lit... La lettre lui annonce qu'il a un fils, que celui-ci a dix-neuf ans, et qu'il est parti à la recherche de son père. Pas de signature, rien. Poussé par Winston, Don va faire le tour de ses anciennes petites amies, à la recherche de la mère de son fils, apportant, à chaque fois, une bouquet de fleurs roses...

MON AVIS :

Grand prix du festival de Cannes, ce film est profond, intelligent, drôle et subtil... Le voyage de Don dans les quatre univers de ses petites amies est d'autant plus intéressant que toutes sont loufoques. L'intérieur kitsch de Laura Miller, la maison préfabriquée avec tables en verre et cartes de visite roses de Dora Anderson, Carmen avec son don "de communiquer avec les animaux", Penny qui fait très bad girl, perdue dans sa campagne... Et plein de détails amusants et bizarroïdes. Le film est un peu lent, mais c'est normal, il impose doucement son rythme, servi par une B.O. douce, pleine de saxo... Que Don Johnston trouve ou non ce qu'il cherche, il aura gagné quelque chose en quittant son canapé de cuir face à sa télé écran plat, pour parcourir les routes en Taurus blanche sur fond de musique éthiopienne. Il aura compris l'importance du présent, de ce qu'il y a maintenant... et "ça vaut mieux qu'un conseil paternel à la con !" Le mystère perdure de bout en bout. Le fils existe-t-il réellement ? Est-ce ce gars rencontré à l'aéroport, auquel Don déclare : "I know you believe I'm your father" (plutôt que d'avouer ses doutes en disant : "You know, I believe you're my son") ? Est-ce ce jeune homme dans sa voiture, entrevu tout à la fin, qui fixe Don avec un étrange regard ? ESt-ce juste une blague ?
Est-ce vraiment le but du film de le savoir ?

Bandes-annonces
# Posté le mardi 03 janvier 2006 10:28
Modifié le lundi 02 juillet 2007 17:16