Pompoko

Pompoko
"Les humains ne croient qu'au rationnel..."

Pompoko

Réalisateur : Isao Takahata

Synopsis :

Jusqu'au milieu du XXe siècle, les tanukis, emprunts d'habitudes frivoles, partageaient aisément leur espace vital avec les paysans. Leur existence était douce et paisible.
Mais le gouvernement amorce la construction de la ville nouvelle de Tama. On commence à détruire fermes et forêts. Leur habitat devenu trop étroit, les tanukis jadis prospères et pacifistes se font la guerre, l'enjeu étant de conserver son bout de territoire. Efforts dérisoires car la forêt continue de disparaître...
Les humains, avec qui ils ont appris à cohabiter, font preuve d'un expansionnisme inexpliqué. Les chefs de clans coordonnent la riposte. Un plan est établi sur cinq ans : le temps pour les animaux d'étudier les humains et de réveiller leur pouvoir de transformation. Il va falloir tenter d'effrayer les humains en évoquant peurs et superstitions. Les solutions les plus farfelues sont expérimentées...

MON AVIS :

Les studios Ghibli, vu la notoriété qu'ils ont acquise grâce à Miyazaki, ont désormais les moyens de nous présenter leur deuxième cheval de course : Isao Takahata. Mais, il faut le dire, même si l'idée de départ de ce film est bonne, Takahata n'a pas le génie universel de son collègue, et ne peut toucher nos coeurs d'adultes (ou presque, dans mon cas).
Le dessin n'est pas très abouti, un peu simpliste, manque de crédibilité. Certaines scènes donnent l'impression d'être juste ébauchées. L'histoire n'est pas assez approfondie.
Cependant, cela reste un dessin animé japonais, donc extrêmement poétique (même si je déconseille la vF qui est franchement bâclée). A aller voir de préférence en famille, en accompagnant des petits cousins par exemple, à la place de Bambi 2 car : halte aux suites !!!
# Posté le mercredi 25 janvier 2006 04:16
Modifié le mardi 03 juillet 2007 11:41

Pause 5

Décidément, pas plus de français dans ce blog (c'est ma partie auto-critique)...
Bon, il va falloir aussi que je déballe ma science et mes Kubricks moi ! Et Leone... Et Welles... Et mon péché mignon, Miyazaki... Et Sonatine, et Amélie Poulain, et Sacré Graal... J'ai du boulot encore !!!

Sondage number 5 :
Votre plus grosse déception ?

=> chrislynch :
"Votre plus grosse déception ?"... Putain quelle question ! Cinématographiquement tu veux dire ? Ma plus grande déception, impossible de m'en souvenir, alors je vais chercher au plus près de ma mémoire... Résultat des courses : "Match point" ou quand un vieux cinéaste renie toute sa filmographie en un tour de main. Quelle déception pour moi !!!!!! Un de mes cinéastes préférés qui jette aux oubliettes une filmo incroyable en un seul film. Eh oui, c'est dur de vieillir.

=> cinefan :
Last days... Un film que j'ai trouvé ennuyeux de bout en bout

=> evilash67 :
sans hésiter les trois nouveaux star wars. C'est dingue comme George Lucas a réussi à se foutre de la gueule de ses fans en leur servant des heures d'effets spéciaux mais absolument rien à côté !

=> Benoît :
Les films de Godard en général! On en disait temps de bien mais j'ai été vraiment déçu du résultat final...

=> Nanaïs :
"La moustache" avec Daniel Auteuil et Emmanuelle Devos, jusqu'à la fin du film j'ai cherché en vain le fil conducteur du film. Très bonne idée de départ complètement inexploitée, vraiment dommage...

=> Nobodysmith :

direct : final fantasy les créatures de l'esprit.
il avait tout pour faire un grand film et ils se sont planté. d'abord, ça s'appelle final fantasy mais c'est un film de SF (foutage de gueule inside). ensuite, le scénario est sans originalité, palpitation et pire émotion. la qualité de l'animation est qui plus est handicapé par une mise en scène flemarde.
si révolution technique il y a, je suis resté déçu que ce ne soit pas une révolution cinématographique.
# Posté le jeudi 26 janvier 2006 12:15
Modifié le mardi 13 juin 2006 10:30

SONATINE

SONATINE
"-Tu as soif ?
- Avec le coup de couteau que tu m'as flanqué dans le bide, je peux pas."


~SO~NA~TI~NE

...Mélodie mortelle

Réalisateur : Takeshi Kitano

Acteurs : Takeshi Kitano, Aya Kokumai, Tetsu Watanabe

Synopsis :
Murakawa est un yakuza de Tokyo ; simplement il en a marre de cette vie. Mais le Patron des yakuzas de Tokyo l'envoie régler une affaire de guerre des clans à Okinawa (sud tropical du Japon). Là, coincé avec ses ses acolytes dans un cabane au bord de la mer à la suite de quelques affrontements par bombes interposées, ils vont s'inventer une vie de jeux fantasques...

MON AVIS :

J'avais rédigé sur papier une super critique sur papier, la classe, bien belle, bien jolie... Et j'ai perdu le papier ! J'en suis donc réduite à improviser devant mon écran...

Aloooors... Première chose que j'ai ressenti à la vue de ce film : de l'émerveillement. Les images sont MAGNIFIQUES ; je n'ai jamais vu une aussi belle photographie à part Barry Lyndon... Première image déjà : un poisson bleu embroché sur fond rouge. Le spectateur moyen se demande ce que vient faire là ce pittoresque animal marin, car on ne revoit plus un seul poisson de tout le film... Bref, on voit Murakawa et sa clique, avec le visage totalement impassible de Kitano, souriant même, (pour un personnage dont on ne cesse de prouver la cruauté !), se battre dans leurs guéguerres à Tokyo, à Okinawa, puis paf, les voilà au bord de la plage. Et là, ils s'ennuient. Donc ils vont jouer. La bande de yakuzas impitoyables et sanguinaires va jouer face à la mer, sur la plage, dans leur petite cabane sans eau courante.
Et là, ça devient poétique.
Première partie : des images figées, des plans fixes, qui s'enchaînent abruptement, sans que le spectateur moyen en voit la logique. C'est le monde figé des yakuzas, des clans, des règles, dont on ne voit toujours qu'une partie (tout comme les plans fixes ne montrent jamais qu'une partie de la scène). C'est le monde dont le souriant et cruel Murakawa se lasse, et on le comprend.
Par contre, la deuxième partie, sur la plage, est faite surtout de plans d'ensemble, et contient beaucoup plus de musique (même si celle-ci est réduite à une seule mélodie assez sobre), plus d'action, et les images sont encore plus belles. C'est le monde du jeu, du jeu étrange, dangereux et merveilleux, du jeu qui incite au rêve, qui fait s'envoler l'esprit comme s'éloigne la caméra, dans une nature douce et grandiose. Pas de chance, le monde des yakuzas va rattraper nos joueurs, et le carnage de la fin s'explique aussi ainsi : Murakawa, au fond, s'en fout maintenant de ces histoires de fric et de clans, mais on l'a dérangé dans ses jeux => ça va saigner :-)) !! (C'est l'explication que je trouve à ce poisson embroché du début : l'animal de l'eau, d'un bleu pétant qui est la couleur du rêve, de la mer et du ciel, est tué peu à peu par le rouge sang qui l'environne, comme la bande de Murakawa est décimée membre par membre ou presque). Le jeu est bonheur, et le bonheur est un jeu. La vie est un jeu. La mort aussi.
# Posté le vendredi 27 janvier 2006 04:13
Modifié le mardi 03 juillet 2007 15:05

Le Bon, la Brute et le Truand

Le Bon, la Brute et le Truand
"Je peux dormir tranquille : mon pire ennemi veille sur moi."

Le Bon, la Brute et le Truand


Réalisateur : Sergio Leone

Acteurs : Clint Eastwood, Eli Wallach, Lee Van Cleef

Synopsis :
Pendant la Guerre de Sécession, trois hommes, préférant s'intéresser à leur profit personnel, se lancent à la recherche d'un coffre contenant 200 000 dollars en pièces d'or volés à l'armée sudiste. Tuco sait que le trésor se trouve dans un cimetière, tandis que Joe connaît le nom inscrit sur la pierre tombale qui sert de cache. Chacun a besoin de l'autre. Mais un troisième homme entre dans la course : Setenza, une brute qui n'hésite pas à massacrer femmes et enfants pour parvenir à ses fins.

MON AVIS :

Des couleurs vives, des décors majestueux, silence à part le bruit du vent sur les plaines désertiques, musique piquante ou mélancolique, peu ou pas de mots, gros plans et très gros plans : bienvenue dans l'univers du western spaghetti !! Trois hommes lancés sur la piste d'un même trésor : Joe "Blondin", fin tireur et mâchonneur de moitiés de cigare, alias le Bon, Sentenza, personnage sinistre, cruel et calme, au regard d'aigle, alias la Brute, Tuco, voleur de grand chemin, balourd mais très rancunier, alias le Truand. En apparence, le titre est très manichéen, et on s'attend aisément à un face à face entre le Bon et les 2 autres, mais il n'en est rien. Le Bon porte mal son nom : s'il est malin, fin tireur, et s'il a parfois des accès de pitié, c'est plus un truand assez doué qu'un "Bon" comme pourrait l'être John Wayne dans un western de Ford. Le Truand est un vrai truand, lui, mais ce qu'on nous montre de sa famille, sa maladresse, son côté opiniâtre en font une espèce de gros ours attachant malgré tout. La Brute est la seule à être une vraie brute, à tuer avec cruauté, cynisme et calcul. Bref, du système manichéen qu'on attendait, seul reste le méchant. Leone serait-il pessimiste à ce point sur la nature humaine ?
Je ne le crois pas. Il y a dans les petits sourires de Clint Eastwood à Eli Wallach, dans leur alliance, faite à contrecoeur certes, mais qui se double de complicité implicite, dans leur dialogues où chacun se donne la réplique (le fil rouge des "deux catégories"), et même s'ils essaient de se doubler mutuellement, une forme d'amitié latente, comme une possibilité de possibilité de réel attachement. D'ailleurs le "Bon" commence à avoir vraiment des réactions de "bon" à partir du moment où il s'est lié à Tuco. Bref, une espèce de complicité entre ce grand blond malin et ce gros mexicain bêta, qui est peut-être dépassement de cet étiquetage manichéen de "bon" et "truand". Et si la Brute reste une brute, c'est que Sentenza ne peut pas comprendre ça (ça sera sa perte d'ailleurs, puisque le duel à trois Joe/Sentenza/Tuco finira par être un vrai duel Joe/Sentenza, bon contre brute, bien contre mal).
En résumé, un film cynique et teinté d'humour grinçant, où Leone joue presque de ses propres mécanismes dans la stylisation des scènes, mais plus optimiste qu'on pourrait le croire. Et n'oubliez pas :
"Dans la vie, il y a deux catégories : ceux qui entrent par la porte et ceux qui passent par la fenêtre."
# Posté le dimanche 29 janvier 2006 07:41
Modifié le mardi 31 janvier 2006 08:03

Rio Bravo

Rio Bravo
"Vous devez garder Joe, avec l'aide d'un ivrogne et d'un infirme ? Si j'ai jamais vu un homme dans le pétrin, j'ai en un devant moi."

RiO BrAvO


Réalisateur : Howard Hawkes

Acteurs : John Wayne, Dean Martin, Ricky Nelson

Synopsis :
Un
shérif arrête le frère de l'homme le plus puissant de la région. Il n'a pour alliés qu'un adjoint ivrogne, un vieillard boiteux, un gamin, une joueuse de pocker et un hôtelier mexicain, et contre lui une armée de tueurs.

MON AVIS :

Je
le confesse, d'habitude, je n'aime pas les westerns, à part ceux de Leone (c'est qu'il a le don de choisir des acteurs attachants). C'est un imaginaire trop... masculin à mon goût (désolé les mecs). Mais Rio Bravo a quelque chose qui dépasse le western classique avec bons infaillibles d'un côté et méchants, truands ou Indiens de l'autre : c'est le rôle absolument extraordinaire du shérif adjoint, Dude "Borrachon", admirablement interprété par Dean Martin (encore un grand brun lol). La lente rédemption de l'ivrogne, la faiblesse qu'il montre dans ses gestes, sa façon de lorgner la bouteille, sa renaissance à la vie enfin, quand il reverse le contenu de son verre dans la bouteille (avec ce génial retournement de situation, quand la musique qui devait effrayer devient au contraire une aide), tout cela grandit le western, en fait la peinture d'un dépassement de soi. Bref, j'aiiiime ! (et en plus c'est un grand brun qui joue ça lol)
U
n western très humain, magnifiquement joué, avec plusieurs snes inoubliables comme la scène du bar où le moment où Colorado et Dude chantent ensemble. Rio Bravo porte bien son nom.
# Posté le mardi 31 janvier 2006 08:04
Modifié le mardi 03 juillet 2007 15:05