Tour d'Europe des films typiquement... 1) français : Amélie Poulain

Tour d'Europe des films typiquement... 1) français : Amélie Poulain
"Si ça le touche, c'est décidé : Amélie se mêle de la vie des autres. Sinon, tant pis."

Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain


Réalisateur : Jean Pierre Jeunet

Acteurs : Audrey Tautou, Mathieu Kassovitz, Isabelle Nanty

Synopsis :
Amélie, une jeune serveuse, solitaire et rêveuse, décide un jour de réparer de ce qui ne va pas dans la vie des gens divers et bizarres qui l'entourent...

MON AVIS :

Eh oui, this movie is typically french, I think... Traduction : ça c'est du français. Nous autres glorieux inventeurs du cinéma avions fini par nous laisser distancer par les américains, les asiatiques, les anglais les allemands les italiens, et nous nous contentions de sortir des comédies à la con pour remplir le box office et de regarder invariablement notre nombril aux Césars. Mais pour une fois, un film français séduit soudain tout un public, à l'improviste, fait un carton même au-delà de nos frontières et même si la critique française jamais contente fait la fine bouche, les spectateurs sont là. Et pourquoi ? Parce que ce film est un concentré de rêves et de thèmes chers à nous autres : Montmartre, les pigeons, les trains pour le décor ; l'accordéon et le piano pour la musique ; des personnages curieux et attachants très bien servis par des acteurs fins (même Matthieu Kassovitz !) ; un sujet qui nous laisse rêveurs, une espèce d'ange humain caché dans la foule et les vieux immeubles en pierre de notre ville lumière ; une image sépia nostalgique (nous sommes de grands nostalgiques), où chaque rayon de lumière est travaillé. COCORICO !!! Le vieux chauvin bourru français aime. La jeune fille sensible française aime. La femme au foyer française aime. L'adolescente rebelle française aime. Ce film devait être "un p'tit français" (dixit Jeunet lui-même). Je propose qu'on le fasse voir aux candidats à la naturalisation.
Mais, me dira-t-on, comment ce film si français a-t-il réussi à dépasser l'Hexagone alors ? Ah, ça c'est une longue histoire. Disons que quand les Français réussissent à faire coexister l'originalité qu'ils peuvent avoir et les clichés qui constituent l'image de la France outre-Atlantique notamment, quand on arrive à montrer une France aussi propre aux films de Renoir que ceux de Gene Kelly, les spectateurs de toute nationalité se sentent fascinés. Peut-être le fait qu'il y a un peu plus de pierre à Paris qu'à New York. Je sais pas. Cocorico quand même.

Voir la critique superbe de Tom
# Posté le lundi 06 mars 2006 03:25
Modifié le lundi 20 mars 2006 11:15

Pause numéro... c'est quel numéro déjà ?

Hello ! Alors je dis merci à tous les visiteurs de ce blog, qu'ils soient de la blogosphère ciné ou d'ailleurs, jespère que vous êtes touuuus allé voir Brokeback Mountain et Fauteuils d'Orchestre sur lequel je vais faire un article incessamment sous peu.

Question du jour :

Quelle pseudo comédie vous a fait le moins rire de toute l'histoire du cinéma ?

Cinefan : Il y en a tant. Je dirais Les 11 commandements.
Jess : LE RAID !!!
Coco : Le boulet ! Je n'ai pas pu tenir jusqu'au bout tant c'était d'un lourd !
Tim : Mmmmh..."Les daltons"
Benoît :Les 11 commandements! Quelle honte ce film :D
Nobodysmith :brice de nice, je dirais. j'aurais bien voulu qu'il mette un panneau pour me dire quand j'était censé rire.
# Posté le lundi 13 mars 2006 11:45
Modifié le mardi 13 juin 2006 10:28

Les films encore à l'affiche que je vous conseille d'aller voir SUR LE CHAMP !!! 4) Fauteuils d'orchestre

Les films encore à l'affiche que je vous conseille d'aller voir SUR LE CHAMP !!! 4) Fauteuils d'orchestre
"- Qu'est-ce que tu veux exactement ?
- Une place à l'orchestre. Ni trop loin, ni trop près."

FAUTEUILS d'ORCHESTRE


Réalisatrice : Danièle Thompson

Acteurs : Cécile de France, Albert Dupontel, Claude Brasseur, Valérie Lemercier, Dani, Christopher Thompson...

Synopsis :
Une actrice populaire mais rêvant de cinéma intimiste, un pianiste surdoué qui rêve de jouer devant un public ignorant et naïf, un collectionneur qui vend en un soir toute l'oeuvre de sa vie, une jeune provinciale qui tente sa chance à Paris, car sa grand mère lui a dit : "je n'avais pas les moyens de vivre dans le luxe, alors j'ai décidé d'y travailler."
Tous ces personnages et leurs compagnons vont se croiser et se retrouver le temps d'une soirée au Café des Théâtres, où ils viendront soigner leur névrose devant un café ou un "tartare frites".

MON AVIS :

On ne le dira jamais assez, la grande particularité du cinéma français, ce qui fait sa force et sa faiblesse, c'est d'être un cinéma à acteurs. Les Américains font du cinéma à images, avec une photographie très soignée, très bien faite (même si assez souvent le reste part en c...), mais la France, patrie de Molière, préfère les dialogues, les regards, le JEU dans toute sa splendeur. Alors, quand il y a de bons acteurs en France, le ciné va bien. Sinon... Eh ben sinon on se débrouille.
Il y a quelques générations, les acteurs français (donc le ciné français, si vous suivez la logique) étaient au top niveau. Claude Brasseur et Suzanne Flon d'un peu plus loin font partie de cette génération-là. Après... après, il faut le dire, il y a eu un petit passage à vide, quoi. Je pense aux années 90 en particulier, où seuls les anciens du Splendid ont brillé.
Et maintenant, soudain, une nouvelle génération talentueuse, fraîche, surprenante débarque joyeusement : Cécile de France en est l'emblème dans ce film.
En gros, ce film, qui s'intéresse au ciné, au théâtre, à la musique et à l'art, truffé de références, nous montre le passage de relais entre les vieux de la vieille et les petits jeunes. Les jeunes arrivent, au ciné, au théâtre, en musique : je rappelle que le générique de fin c'est quand même une chanson de Bécaud reprise par Cali !!!
Et le film en lui-même est léger, drôle et touchant, bien fait, bien monté, arrive à nous faire ressentir le stress des artistes, nous montre comment chacun finit par trouver sa place à la fin. Et nous, notre place, où est-elle ? Je vais vous le dire : dans les fauteuils des salles devant ce film.


Bande-annonce et vidéos
# Posté le lundi 20 mars 2006 11:20
Modifié le mardi 03 juillet 2007 15:05

Toi et Moi

Toi et Moi
"Je trouve pas ces histoires toujours réalistes. Par exemple pourquoi les hommes ils font toujours des héritages ?"

Toi & Moi


Réalisatrice : Julie Lopes-Curval

Acteurs : Julie Depardieu, Marion Cotillard, Jonathan Zaccaï

Synopsis :

Rédactrice de romans-photos pour la revue Toi et Moi, Ariane a tendance à y transposer sa vie amoureuse et celle de sa soeur Lena, en les embellissant.
Pourtant leur vie n'est pas un roman : Ariane s'accroche à Farid qui n'a que faire d'elle tandis que Lena s'ennuie auprès de François, son compagnon.
Et si Ariane s'abandonnait à l'amour de Pablo, le bel ouvrier espagnol qui travaille dans son immeuble ? Et si Lena laissait battre son coeur pour Mark, le violoniste prodige qu'elle vient de rencontrer ?

MON AVIS :

Décidément les films choraux et les comédies légères, ça foisonne ces temps-ci dans les cinémas français ! Celle-là n'est pas mal faite, piochant avec bonheur dans l'univers du roman-photo. Des décors haut en couleurs sauvent la mise à une réalisation assez plate dans le fond. Mais c'est vraiment l'interprétation hilarante pour l'une et bouleversante pour l'autre de nos deux actrices qui est exceptionnelle ! Julie Depardieu est parfaite en femme rêveuse, étourdie et paumée, Marion Cotillard réussit son rôle de femme timide qui s'affirme peu à peu... Et quelques passages sont franchement à mourir de rire (par exemple l'arrivée de l'ouvrier dans le roman photo lol). La fin est à la fois triste et amusante, et même si le film traîne un peu, je le conseille à tous ceux qui aiment les comédies fines et légères. Ce n'est pas la meilleure du genre, mais c'est un bon moment à passer.
# Posté le vendredi 31 mars 2006 09:05
Modifié le mardi 03 juillet 2007 15:04

Jackie Brown

Jackie Brown
"Comment t'as pu en arriver là ? Pourtant t'étais au top, mec, avant?!"

JACKIE BROWN


Réalisateur :Quentin Tarantino

Acteurs : Pam Grier, Samuel L. Jackson, Robert De Niro, Bridget Fonda, Robert Forster

Synopsis :
Jackie Brown, hôtesse de l'air, arrondit ses fins de mois en convoyant de l'argent liquide pour le compte d'un trafiquant d'armes, Ordell Robbie. Un jour, un agent federal et un policier de Los Angeles la cueillent à l'aéroport. Ils comptent sur elle pour faire tomber le trafiquant. Jackie échafaude alors un plan audacieux pour doubler tout le monde lors d'un prochain transfert qui porte sur la modeste somme de cinq cent mille dollars.

MON AVIS :

Il y a le Tarantino caustique et brutal de Reservoir Dogs. Il y a le Tarantino éblouissant et jouissif de Kill Bill. Et puis il y a un Tarantino mal connu, un réalisateur et auteur débordant de tendresse pour des héros pas conformes, qui ne sont plus jeunes, qui ne sont plus beaux, bourrés de faiblesses, des ratés, des perdants. Evidemment, les fans accros de l'image de "Tarantino = film violent" ont méprisé cette facette du réalisateur. Et pourtant...

Et pourtant Jackie Brown est un chef d'oeuvre - quel Tarantino ne l'est pas ? Mais dans un genre totalement différent. Oh, bien sûr, l'intrigue reste une histoire de fric, de truands et policiers, d'armes et de came. Mais l'ambiance même du film est totalement atypique. On est loin du cynisme insolent de Pulp Fiction ou de la fièvre de Reservoir Dogs. Sur cette histoire de bon vieux polar sans scrupules se répand une douce atmosphère de nostalgie. Du roman américain Punch Créole, Tarantino a repris sa trame, sauf que (ahah !) sauf que l'héroïne est noire.
Et ça change tout. Tarantino sème allègrement dans son film ses références qui sont sa marque de fabrique, et en particulier la blaxploitation avec la figure de Pam Grier, ancienne actrice phare de ce genre où "des femmes à gros "lolos" qui savent tenir des "guns"" foisonnent, comme dans le spot Chicks who Love Guns que regarde Ordell au début du film. Retour de has been donc, avec un Robert De Niro à contre-emploi, plus du tout le gangster classe de Scorsese, mais raté fini, même plus capable de faire l'amour plus d'une minute. Deux côtés, deux classes d'âge, deux générations d'acteurs : Robert Forster dans un rôle d'homme tendre qui lui va parfaitement, Pam Grier à la bouche pulpeuse et aux formes voluptueuses, De Niro éteint et paumé ; de l'autre Bridget Fonda et Samuel L. Jackson en jeunots insupportables, l'une de bêtise et de caprices, l'autre de suffisance. Les vieux, les sympathiques, les nostalgiques, les amoureux des Delfonics et amoureux tout court, perdants sur toute la ligne au départ, vont donc griller tout le monde en un coup de maître simple mais décisif.
Tarantino joue de ses propres mécanismes, lent au départ et s'accélérant au fur et à mesure que le film progresse, avec plan du coffre, dialogues très construits, différents points de vue, flashes-back, toute la clique en une légère auto-parodie. La réalisation ne se presse pas, fine, subtilement dosée et à dessein languissante, avec Pam Grier en point central, autour duquel tout s'organise. Et, comme nous sommes dans un film de Tarantino, la musique est là. Toujours.
# Posté le dimanche 09 avril 2006 13:05
Modifié le mardi 03 juillet 2007 15:05